lundi 11 février 2019

Avalanche Hôtel - Niko Tackian


Trop prévisible

C'est en parcourant le blog de Lune que j'ai découvert ce roman. Il fait en effet partie de ses prévisions de lecture. Etant souvent de bon conseil, j'ai décidé de lui faire une nouvelle fois confiance. Pour rappel, elle m'a incité à lire Avec joie et docilité de Johanna Sinisalo et Mes vrais enfants de Jo Walton...

Avalanche Hôtel est un thriller au parfum de mystère. Les cinquante premières pages sont assez obscures et un peu folles. Ambiance paranoïaque et histoire énigmatique ouvrent ce roman.  En janvier 1980, sur les hauteurs de Montreux, Joshua Auberson, un agent de sécurité, se réveille nu dans une chambre d'un grand palace où il travaille. En janvier 2018, ce même Joshua, inspecteur de police, se réveille à l’hôpital après avoir été pris dans une avalanche. Réalité, rêves, souvenirs...  tout s’entremêle ! Joshua essaye de faire le point sur ce qui lui arrive... et nous aussi.

mardi 5 février 2019

Vous prendrez bien quelques nouvelles...


Les goûts et les couleurs...

Les éditions du Bélial nous permettent de lire gratuitement (jusqu'à la fin du mois) les deux nouvelles ayant reçu le prix des lecteurs Bifrost 2018. Bifrost est une revue quadriannuelle qui décortique l'actualité de l'Imaginaire, qui propose des dossiers thématiques, des interviews, des critiques et qui publie quelques nouvelles. Pour info, je n'ai jamais ouvert un Bifrost mais je vais y remédier avec le numéro 95 : Objectif Lune !

Mais revenons à nos deux lauréats. Dans la catégorie "nouvelle étrangère", Comment c'est là-haut ?d'Edmond Hamilton a été primée. Edmond Hamilton n'est pas forcément l'auteur le plus connu chez nous pourtant c'est l'un des pionniers du space opera. On lui doit entre autres Capitaine Futur une série de romans à l'origine du célèbre Capitaine Flam. Dans la catégorie "nouvelle francophone" c'est Thierry Di Rollo avec Brumes fantômes qui remporte le prix. Thierry Di Rollo ne laisse généralement pas indifférent. Ses romans sont souvent très sombres (et c'est un euphémisme !), il est en quelque sorte un poète du désespoir.


jeudi 31 janvier 2019

La cité de l'orque - Sam J. Miller


Bienvenue à Qaanaaq

XXIIème siècle, le réchauffement climatique est une réalité. De nombreuses villes côtières se retrouvent sous les flots, la notion d'état a disparu, le chaos règne un peu partout sur la planète. De nombreuses villes flottantes ont vu le jour. Elles ont été créées par de riches actionnaires de l'ancien monde et sont dirigées par des Intelligences Artificielles. Qaanaaq est l'une de ces cités flottantes, située non loin du Groenland. Elle est composée de huit Bras se développant autour d'un noyau central puisant son énergie d'une source géothermale. Qaanaaq, immense rosace où les nantis logent dans des appartements de luxe au Sud dans le Bras 1 et où les plus démunis s'entassent dans de minuscules boîtes-dortoirs au Nord dans le Bras 8. Le marché de l'immobilier est le marché le plus lucratif. L'espace étant restreint, les convoitises sont légion.

La cité de l'orque est l'histoire de cette ville. Qaanaaq est à la fois le décor et le personnage principal du récit. A travers les yeux de différents protagonistes, Sam Miller nous plonge en profondeur dans cette cité flottante. Parmi eux, Fill, petit-fils d'un riche actionnaire, porteur des Failles, maladie incurable qui à l'instar du SIDA se transmet lors de rapports sexuels non protégés. Ankit, elle,  travaille pour une politicienne dans le Bras 8. Kaev est un combattant sur poutre qui gagne sa vie en perdant ses duels. Et enfin Soq, un livreur au genre non défini qui veut travailler pour Go, cheffe de la mafia locale aux ambitions démesurées.

Tout ce petit monde vit "tranquillement" jusqu'à l'arrivée d'une femme accompagnée d'un ours blanc et d'un orque qui va bouleverser l'équilibre précaire de la cité...

jeudi 24 janvier 2019

Une douce lueur de malveillance - Dan Chaon

Exploration de la folie

C'est sur les recommandations de Just a Word que j'ai délaissé, pour un temps, les sphères de l'imaginaire et décidé de m'attaquer à ce roman ambigu entre thriller, polar et roman psychologique. Dan Chaon nous plonge ici dans les eaux troubles de la folie, de l’obsession et de la mémoire.

Une douce lueur de malveillance est un roman atypique, complètement déstructuré, aussi bien sur la forme que sur le fond. L'écriture est vraiment particulière, de nombreuses phrases interrompues, des blancs essaimés ici et là, quelques échanges sms et un texte qui parfois se scinde en plusieurs colonnes. Cela est assez déroutant mais parfaitement cohérent avec le récit.

Pour ajouter à la sensation de désordre, l'auteur entremêle la trame chronologique. Fin des années 70, début des années 80, période où nous est décrit l'enfance difficile de Dustin Tillman, le meurtre de ses parents, oncle et tante, avec en toile de fond le développement des sectes sataniques. Début des années 2010, ce même Dustin est devenu psychologue, sa femme développe un cancer, ses enfants partent à la dérive, en particulier Aaron un véritable junkie. Aquil, l'un de ses patients et ancien flic, pense que les noyades d'un certain nombre d'étudiants sont l'oeuvre d'un serial-killer et veut entraîner Dustin dans ses recherches. Enfin Rusty, son frère adoptif accusé du quadruple homicide, est disculpé grâce à un test ADN et libéré après 30 ans de prison.

samedi 19 janvier 2019

Le vêlage - Sam Miller


Simple et efficace

Quelques jours avant la sortie de La cité de l'orque de Sam J. Miller, Albin Michel Imaginaire nous propose de découvrir la plume de l'auteur à travers une nouvelle se déroulant dans le même univers : Le vêlage

Dans un futur proche, le réchauffement climatique tant redouté a eu lieu, la montée des eaux n'est plus une perspective mais une réalité. Des villes flottantes surpeuplées ont vu le jour et la vie n'y est pas facile pour tout le monde, en particulier pour ceux qui ne sont pas nés du bon côté.

Le vêlage nous permet de découvrir la vie de Dom, un scieur de glace, sur la ville flottante de Qaanaaq. Après trois long mois passés loin de la Cité, Dom retrouve son fils avec qui les relations deviennent difficiles.

Avec une écriture fluide et enlevée, l'auteur aborde de nombreuses thématiques : crise climatique, crise migratoire, discrimination, relation père/fils entre autres... Et c'est cette dernière qui est mise en avant, la trentaine de pages ne suffisant pas à tout développer.

L'histoire est simple mais bouleversante. Le background est de qualité. Cette nouvelle plutôt réussie donne envie de se plonger plus amplement dans la ville flottante de Qaanaaq. Espérons que La cité de l'orque nous le permettra.