mercredi 13 novembre 2019

Les portes célestes - La fleur de Dieu 2 - Jean Michel Ré

Violence & Zénitude

Retour dans l'univers de Jean-Michel Ré avec Les Portes Célestes, le second tome de La Fleur de Dieu. Tout comme dans le premier opus, ce deuxième roman comporte lui aussi un bon gros glossaire. Sauf que celui-ci est plus dispensable pendant la lecture. Un ou deux aller-retour pour se replonger dans l'univers de l'auteur devraient suffire. Par contre il est indispensable de le lire à la fin du roman, il parachève, complète parfaitement cette seconde partie. 

La lecture des Portes Célestes est beaucoup plus facile et beaucoup plus fluide. Après un premier tome introductif, Jean Michel Ré développe son histoire. Celle-ci est à la fois plus politique, plus vive et en même temps plus réflective. La tension va crescendo et la construction du roman alternant entre les différents personnages ajoute du suspense à l'histoire. Bref, un second tome plus enlevé, plus efficace.

vendredi 8 novembre 2019

Les Testaments - Margaret Atwood

Rien de neuf sous la coiffe blanche !

Plus de trente ans après la publication de son best-seller La servante écarlate, Margaret Atwood revient avec la suite, Les Testaments. Suite au succès de la série TV, l'autrice s'est lancée dans l'écriture de ce second opus. Reste à savoir si celui-ci était justifié ?

Margaret Atwood évite le piège d'une suite classique et préfère nous servir un roman complètement  indépendant qui peut se suffire à lui-même. Oubliée June, même si sa présence hante ce second récit. Avec Les Testaments, l'autrice nous emmène au coeur de Gilead, pardon de Galaad. (La traductrice ayant opté pour certaines modifications linguistiques qui pourront choquer quelques puristes - voir son interview sur le Huffingtonpost)

Les Testaments est la réunion de trois témoignages. Agnès, qui vit au coeur du système de Galaad, est une jeune fille destinée à devenir Épouse. Daisy, une adolescente canadienne pour qui la dictature de Galaad est loin de ses préoccupations quotidiennes. Et enfin Tante Lydia, figure emblématique à l'origine du système. Ces trois femmes aux profils très différents seront parties prenantes dans l'effondrement de cette dictature.

jeudi 24 octobre 2019

L'enfance attribuée - David Marusek

Pourquoi ce titre !

L'enfance attribuée de David Marusek est la vingt-et-unième novella de la collection Une-Heure-Lumière et clôt la troisième saison de cette collection devenue culte. A noter que ce titre est une réédition, le Bélial l'avait déjà publié en 1999 (la couverture originelle était tout autre (clic), à chacun de se faire un avis même si il n'est pas toujours adéquat de juger les illustrations d'il y a vingt ans avec les yeux d'aujourd'hui ! ;-) )

Comme souvent je me suis lancé dans cette novella sans lire la quatrième de couverture, ni aucun billet chez mes blogopotes. La confiance en la collection... Je m'attendais donc à un texte centré sur la maternité et le désir d'enfants avec en toile de fond les manipulations génétiques. Mais cette novella est bien plus que ça : contrôle des populations et hyper-connectivité de la société sont aussi au programme.

2092, c'est demain et pourtant nous sommes bien loin du monde que nous connaissons. L'immortalité est un fait grâce à la régénérescence des corps. Mais à quel prix ! L'immortalité entraîne non seulement un vieillissement de la population mais aussi une surpopulation. Pour que cela cesse, faire des enfants n'est plus possible, quelques milliers de couples se voient attribuer la possibilité d'avoir un enfant. En effet, les enfants ne sont plus conçus de manière naturelle. L'ADN des parents est prélevé, mixé et intégré à une "matrice". Quelques semaines plus tard, le nourrisson est prêt !

vendredi 18 octobre 2019

Le coeur de l'Angleterre - Jonathan Coe

Chroniques d'outre Manche

Comment en est-on arrivé là ?

Là, c’est le Brexit ! Avec Le coeur de l’Angleterre, Jonathan Coe nous présente les années 2010 au Royaume-Uni. De la prise de pouvoir de David Cameron aux années post référendum sur le Brexit en passant par les Jeux Olympiques de Londres, les attentats..., l'auteur nous fait revivre la dernière décennie à travers les personnages déjà rencontrés dans ses précédents romans : Bienvenue au Club et Le Cercle Fermé. Romans qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu au préalable.

Jonathan Coe mêle habilement la réalité historique à des personnages fictifs plus vrais que nature. Ces profils différents démontrent la diversité de la population anglaise. Jamais caricatural ni donneur de leçons, l’auteur nous dépeint une Angleterre morcelée politiquement et idéologiquement. Il met en avant les fractures de la société : une classe moyenne qui se sent délaissée et une disparité importante entre les populations les plus riches et les plus pauvres. En outre, un fossé générationnel apparaît avec le développement des nouvelles technologies et des réseaux sociaux.

Jonathan Coe dresse un portrait réaliste et très acide du monde occidental pris en étau entre modernisme et conservatisme : la schizophrénie ambiante dans toute sa splendeur. En abordant les thématiques actuelles comme le racisme, l’identité sexuelle, l’homosexualité, l’immigration, le populisme… l’auteur montre que le monde change plus vite que les mentalités et que des différences se font jour dans la population selon le vécu et le ressenti de chacun.

Le point fort reste cette galerie de personnages truculents. Les principaux protagonistes et les seconds rôles sont décrits avec justesse. Les traits sont parfois poussés à l'extrême mais sans jamais tomber dans l'excès. L'auteur exploite au maximum les failles et les faiblesses de chacun tout en gardant une note d'espoir.

Servi par une écriture fluide et addictive, traité avec beaucoup d’humour, Le cœur de l’Angleterre est un roman intelligent et pertinent qui dépeint avec justesse un Royaume-Uni en pleine mutation. Bref, un régal !


dimanche 13 octobre 2019

Le temps de la haine - Rosa Montero

Le temps de la lassitude

Rosa Montero nous revient avec un troisième volet des aventures de Bruna Husky. Le premier opus Des larmes sous la pluie m'avait bluffé, le second Le poids du coeur m'avait laissé un sentiment un peu plus mitigé. J’attendais cependant avec impatience ce dernier roman : Le temps de la haine.

L'éditeur précise que ce roman peut se lire de manière indépendante. Je pense pour ma part qu'il est préférable d'avoir lu les précédents pour parfaitement s'immerger dans l'univers très particulier qui nous est présenté ici. C'est avec plaisir que l'on retrouve Bruna Husky et les autres protagonistes. L'autrice, dans les premières pages, fait en quelque sorte un résumé des épisodes précédents, une synthèse des événements et des particularités de ce futur pas très reluisant. Il permet à celui qui ne connaît pas du tout l'univers de Rosa Montero de s'y plonger tout doucement et aux autres de se remémorer les grandes lignes des premiers romans.