dimanche 17 mars 2019

Le Cercle de Farthing - Jo Walton


Agatha Christie en Uchronie

Le Cercle de Farthing de Jo Walton est le premier tome de la trilogie du Subtil Changement mais se suffit amplement à lui-même. Après Mes vrais enfants, le chef d'oeuvre de Jo Walton et Morwenna non moins excellent, j'ai décidé de me lancer dans cette trilogie bien que l'uchronie, avec comme divergence historique la seconde guerre mondiale, ne soit pas ma tasse de thé. Mais heureusement le roman est avant tout un polar, so British où l'uchronie apporte une touche originale au récit.

La famille Eversley, artisans de la paix avec Hitler, reçoit dans son manoir quelques amis, tous plus ou moins proches du pouvoir en place. Lucy, leur fille, est mariée (contre leur gré) à David Kahn, un juif anglais, est aussi présente. Un meurtre se produit pendant la nuit, les soupçons se portent de facto sur David. L'inspecteur Carmichaël de Scotland Yard est dépêché sur les lieux pour trouver l’assassin de James Thirkie. La culpabilité de David ne lui semble pas évidente bien que de nombreux indices aillent dans ce sens...

mercredi 13 mars 2019

Céder la place - Emmanuel Quentin


Bluffant

Après les textes de Bruno Pocheschi et Ménéas Marphil, je continue mon exploration des nouvelles de la collection ChronoPages des Editions 1115 avec un texte d’Emmanuel Quentin : Céder La place. Emmanuel Quentin est un auteur que j’ai découvert en lisant Où s’imposent les silences, un court roman qui m’avait marqué par son écriture percutante et l’imaginaire qui s’en dégageait.

Céder la page est une nouvelle d’une vingtaine de pages.  Pour ne pas vous gâcher le plaisir, je ne vais pas vous dévoiler l’histoire, le contexte ou quoique ce soit d’autre. Tout ce que je peux vous dire est que la surprise est au rendez-vous et que c’est un excellent texte.

Ce court texte de SF (même si au premier abord on pourrait en douter) confirme qu’Emmanuel Quentin est imaginatif, que son écriture est fluide et immersive. En quelques lignes, il arrive à nous plonger dans son univers avec une mise en place progressive où la tension et le suspense vont crescendo. On se demande où l’auteur veut en venir, où il nous emmène et une fois que l’on pense avoir saisi, paf, une claque. Reste quelques pages, quelques lignes pour la conclusion et paf, celle-là non plus on ne la voit pas venir.

Bref cette nouvelle est bluffante, j’ai adoré le cheminement pris pour faire passer le message.



A noter qu’en juin prochain, Replis, le prochain roman d’Emmanuel Quentin sort chez Mü Editions… on en reparlera.

samedi 9 mars 2019

Blues pour Irontown - John Varley


Heureusement qu'il y a le chien...

De John Varley je n'avais lu jusqu'à aujourd'hui que Le système Valentine dont je n'ai aucun souvenir. Je ne sais pas si c'était une bonne idée de prolonger l'aventure avec Blues pour Irontown qui se déroule dans le même univers des Huit-Mondes mais pouvant se lire comme un one-shot. 

Pour planter le décor, les humains ne vivent plus sur Terre depuis que des extra-terrestres les en ont chassés. Ils se sont réfugiés un peu partout dans le système solaire et en particulier sur la Lune. Christopher Bach, ancien policier, y exerce aujourd'hui l'activité de détective privé. Il est épaulé par Sherlock, un Saint Hubert cybernétiquement augmenté. Une cliente à l'odeur louche, selon Sherlock, se présente dans leur bureau. Elle veut retrouver un homme qui l'aurait volontairement contaminée par la lèpre. Quand Chris prend en charge l'affaire, il ne se serait pas imaginé devoir retourner dans Irontown, quartier lunaire le plus mal famé et source de souvenirs...

mardi 5 mars 2019

Helstrid - Christian Léourier


Une Planète, un Homme, une IA

Helstrid de Christian Léourier ouvre la quatrième saison de la collection Une Heure Lumière. Avec ce dix-septième opus, Le Bélial nous propose un nouveau voyage loin de notre bonne vieille Terre. Et ce sera pour moi l'occasion de découvrir l'auteur.

Helstrid, une planète située à vingt-cinq années-lumière de la Terre, est pour le moins inhospitalière. Température glaciale (-150°C), vents violents, atmosphère toxique et séismes ravageurs sont le quotidien des rares hommes présents sur place. L'extraction d'un minerai rare est la seule raison de la présence humaine. Les volontaires ne sont pas légion. Une rupture amoureuse et l'attrait d'une bonne paye à la fin de la mission ont poussé Vic à s'engager auprès de la compagnie qui exploite Helstrid. L'exercice n'est pas sans danger, heureusement l'omniprésence des Intelligences Artificielles facilite la vie quotidienne. Un convoi de trois camions doit ravitailler un poste avancé avant qu'une nouvelle tempête n'atteigne la station. Vic embarque dans l'un d'eux. Présence illusoire puisque les IA contrôlent l'ensemble de l'expédition, l'humain devenant un simple spectateur de cette excursion dangereuse mais normalement sécurisée...

jeudi 28 février 2019

Le temps n'est rien - Audrey Niffenegger


Voyage à l'eau de rose ou roman spatio-temporel... 

Le temps n'est rien est un roman atypique. Audrey Niffenegger nous propose une intéressante déclinaison du voyage temporel mais s'égare vite dans la romance très fleur bleue voire assez niaise par moments. Reste que la construction du roman est habile, un véritable exercice de style plutôt réussi sur la forme.

Les premières pages ne sont pas forcément faciles à appréhender. L'autrice nous plonge directement au coeur de l'action sans nous expliquer le pourquoi du comment. C'est ainsi que l'on découvre que Claire connaît Henry depuis qu'elle a six ans, lui en a trente-sept. Mais Henry, lui, a vingt-huit ans quand il rencontre Claire pour la première fois, elle vient d'avoir vingt ans. Cela peut sembler étrange au premier abord mais Henry est atteint d'une maladie génétique qui le fait voyager dans le temps de manière aléatoire. Et c'est ainsi qu'il croise Claire tout au long de sa vie, de leurs vies... 

Dans ce roman de cinq cents pages (dont une bonne centaine de trop !) nous sautons d'une époque à une autre pour suivre l'évolution de la relation entre Claire et Henry. Entre les attentes et les déceptions de l'un et/ou de l'autre sur fond de paradoxe temporel, l'autrice jongle avec leur histoire commune.  Malheureusement le procédé est assez répétitif, ralentissant le récit qui en devient atone. 

Le temps n'est rien ne s'arrête pas à une histoire d'amour, c'est aussi une réflexion sur la maternité, l'enfance, la vie à deux, la maladie, la mort... Une brève histoire de la vie portée par une écriture magistrale, les mots glissent tout seuls, c'est un plus non négligeable.

Pour résumer, je dirai que je n'ai pas su apprécier ce roman à sa juste valeur. Le temps n'est rien est avant tout une romance, sentimentale à souhaits, sans grande surprise et où le voyage temporel n'est là que pour servir une belle histoire.


Livre lu sur les conseils de Lune (comme Vert) qui l'a lu sur les conseils d'Acr0 !