samedi 4 avril 2020

Thin Air - Richard Morgan

Laborieux

De Richard Morgan, je n'avais lu pour le moment que l'excellent Carbone Modifié. Thin Air (le second tome de la série Black Man mais qui peut se lire de manière indépendante sans aucun souci) est donc ma deuxième rencontre avec l'auteur.

Dans un futur indéterminé mais plutôt lointain, Hakan Veil, ex-agent de sécurité haut de gamme équipé de technologies militaires est une machine à tuer. Abandonné sur Mars par ses employeurs, il rêve de retourner sur Terre. Mais les tickets retour pour la planète mère ne sont pas faciles à obtenir. Quand une société terrienne l'engage pour surveiller et protéger l'un de ses membres, il accepte volontiers, surtout qu'une possibilité de retour sur Terre s'offre à lui en cas de succès. Malheureusement pour lui, la mission en apparence simple va vite se compliquer et c'est tout le système politique martien qui risque de vaciller. 

A mon sens il faut séparer le background de l'intrigue. L'un est exceptionnel quand l'autre est une succession sans fin des pires clichés du thriller.

Dans la première moitié du roman l'auteur se focalise sur son univers : la vie sur Mars, à grand renfort de hautes technologies, il nous explique comment celle-ci est aujourd'hui habitable. Très précis dans ses descriptions, c'est une immersion au sein de la planète rouge. Il nous présente les différents protagonistes et en particulier le héros du jour Hakan Veil, cet homme cyberaugmenté plein de ressources et de surprises. Il dresse également une vision globale de la politique martienne et quelques éléments de la difficile relation Terre-Mars. Le tout est excellemment bien construit, sans faille, très crédible et se fait sans précipitation mais sans lenteur. 

Une fois tout mis en place, Richard Morgan s’attaque à la résolution de l'énigme. Et c'est là que ça coince un peu. Si vous aimez les thrillers musclés, où l'on tire à tout va (dans tous les sens du terme !), où les rebondissements succèdent aux péripéties, alors vous en aurez pour votre argent. Dans le cas contraire vous allez trouver le temps long, c'est interminable. A chaque fois que l'on pense l'intrigue résolue, un nouveau coup de théâtre survient et telles des poupées russes, à chaque nouvelle révélation une révélation. Grosses ficelles, coïncidences et compagnie sont les maîtres mots du côté thriller du roman. Oubliée la crédibilité de l'univers.

Pour conclure, Thin Air est un thriller-SF et je préfère retenir le background exceptionnel SF que l'intrigue médiocre du thriller. Après une première moitié pleine de promesses, la résolution de l'intrigue gâche le plaisir de lecture. Mais peut être suis-je trop exigeant et ne me contente pas du bon divertissement proposé. A vous de vous faire votre avis.


Apophis et Gromovar ont adoré !


Dans le système solaire, mais pas sur Terre ! (5/17)
Participation n°1


mardi 31 mars 2020

Les miracles du Bazar Namiya - Keigo Higashino

Tout le monde il est gentil...

Au Bazar Namiya
Un peu comme chez tata
On s'amuse, on pleure, on rit
Y a pas de méchants que des gentils

Et pour sortir des moments difficiles
Le Bazar Namiya c'est très utile
Une enveloppe, une boite à lait
La réponse apparaît

Mais ils rêvent et imaginent
Tous les soirs en postant
Leur lettre un petit peu chagrine
Un miracle du répondant

Pour chasser leur détresse
Ils cherchent la tendresse
Mièvre et gentillet
Toujours délicat
C'est le Bazar Namiya


Ils ont apprécié la chanson : Lune, Yuyine, Brize, Tigger Lilly


Asie (4/17)

jeudi 26 mars 2020

Palimpseste - Charles Stross

Trop confus

Voyage dans le temps, univers parallèle et Hard-SF, voilà les trois thèmes principaux de ce court roman de Charles Stross : Palimpseste. Et je suis bien embêté pour vous parler de ce roman et ce, pour plusieurs raisons. La première est que je ne voudrais pas dévoiler les tenants et aboutissants qui risqueraient de gâcher la lecture. Et la seconde je n’ai tout simplement pas tout compris à la prose de l’auteur. Charles Stross est réputé pour être un auteur difficile, je ne peux qu’abonder en ce sens.

Pierce est un jeune agent de la Stase, une organisation secrète qui patrouille à travers le temps dans le but de maintenir l’humanité en vie sur le long terme, très long terme… puisque cela va au-delà de l’extinction de notre Soleil ! Et bien plus loin encore.

Qui dit voyage dans le temps dit forcément paradoxe temporel. Ici Charles Stross nous emmène dans les coulisses des modificateurs du temps. L’auteur introduit le concept de non-histoire : toutes les histoires ont été vécues mais certaines n’ont pas été gardées et deviennent donc inexistantes. C’est la réécriture en continu de notre Histoire. Et quand plusieurs futurs envoient le même agent modifier la même histoire, les complications sont légion. D’ailleurs l’agent Pierce n’y comprend pas grand-chose et nous non plus. Et comme si ce n’était pas assez compliqué comme cela, complots et trahisons au sein de la Stase font leur apparition !

Entre ces digressions sur la formation de l’agent Pierce, l’auteur nous donne un cours pratique de cosmologie, de mécanique céleste à grande échelle. C’est de loin l’élément le plus intéressant de la novella. Charles Stross n’a rien a envier à Alastair Reynolds, Peter Hamilton ou encore Stephen Baxter. Le Sense of Wonder dans toute sa splendeur. Les images sont sublimes et marquent les esprits.

Au final, un sentiment mitigé m’habite. Soit Palimpseste est trop courte pour pouvoir développer pleinement tous les concepts mis en jeu, soit elle est trop longue, trop confuse et perd le lecteur dans les limbes des non-histoires. Toujours est il que le voyage à travers l’univers est merveilleux, certes très elliptique mais vaut à lui seul la lecture de cette novella.


Lune n'a pas accroché, Anudar, Artemus Dada et Lorhkan beaucoup plus. Mais pour Feyd Rautha c'est un chef d'oeuvre

samedi 21 mars 2020

L'île - Sigridur Hagalin Bjornsdottir

Suffoquant

C'est en parcourant la blogosphère que j'ai découvert Sigridur Hagalin Bjornsdottir une autrice islandaise publiée chez Gaia Editions. Roman post-apocalyptique publié en littérature blanche mais qui est, ne nous trompons pas, un roman relevant de l'imaginaire n'en déplaise à certains.

L'île ne souffre que d'un seul défaut : il faut une bonne dose de suspension d’incrédulité pour accepter le postulat de départ. L’Islande se retrouve du jour au lendemain coupée du monde. Plus aucune communication n'entre sur l'île : internet, téléphone, ondes radio sont out ! Aucun avion,  aucun bateau n'arrivent et ceux qui partent ne reviennent jamais. Le pays se retrouve isolé du reste du monde, pourquoi, comment ? Quelques possibilités nous sont données mais les esprits cartésiens resteront sur leur faim jusqu'à la dernière page. Aucune explication ne viendra crédibiliser l'histoire et c'est dommage. Mais ce n'est pas l'objet du récit. Le thème central est le retour à l'autarcie...

Tout d'abord ce livre, plutôt court, se lit très vite. L’écriture est fluide et sa construction, alternant la vie des différents protagonistes sur des chapitres courts en fait un page-turner efficace. Mais ce qui marque ce roman est la violence omniprésente même si la plupart du temps cette violence est juste suggérée. L’imagination du lecteur faisant le reste...

lundi 16 mars 2020

Le magicien quantique - Derek Künsken

Fouillé mais fouillis !

Le magicien quantique est le premier roman de Derek Künsken et quel roman ! L'auteur nous propose rien de moins qu'une immense arnaque à l’échelle de l'univers avec une flopée de personnages post-humains plus déroutants les uns que les autres. Il crée un univers d'une grande richesse, cohérent bien que parfois obscur.

La première partie du roman s'attarde sur Arjona Belisarius dit le Magicien, un homo quantus contacté par un commanditaire pour faire passer des vaisseaux illégalement à travers l'Axis Mundis, réseau interstellaire de trous de ver permanents qui permet les voyages interstellaires. Ceux qui possèdent l’accès à ces trous de ver dominent l'univers, les autres doivent payer un lourd tribu pour les utiliser. Belisarius doit donc trouver un moyen de passer outre et de faire franchir cet axe de manière détournée...

Afin de réaliser cette prouesse, Belisarius a besoin de constituer une équipe hors du commun. Et c'est là qu'entre en jeu le talent de conteur, de créateur de l'auteur. Il dresse le portrait d'une petite dizaine d'espèces post-humaines et/ou d’intelligence artificielle. L'Homo Sapiens n'est plus la règle, bien au contraire, l’ingénierie génétique a su créer plusieurs humanités avec des résultats parfois surprenants. Mais Derek Künsken ne s'arrête pas aux personnages, il s'attache aussi à construire un univers géopolitique audacieux, le tout étant très crédible et à vrai dire assez fou.