jeudi 29 octobre 2015

La justice de l'ancillaire - Ann Leckie


La Justice de l'Ancillaire, premier tome de la trilogie du Radch, a été multiprimé outre-atlantique (prix Hugo, Locus, Nebula...)

Breq est une soldat ancillaire (soldat humain-marionnette contrôlé par une intelligence artificielle) et seule survivante du Justice de Toren, vaisseau de guerre de l'empire Radch. Depuis vingt ans, Breq cherche un moyen de tuer Anaander Minaai, le Maître du Radch, responsable de la disparition de son vaisseau.
Tout commence sur la planète Nilt, où Breq, sur le point de mettre la main sur l'arme capable de tuer le Maître du Radch, retrouve dans la neige un de ses anciens lieutenants qui a passé près d'un millier d'années en animation suspendue. Vingt ans plus tôt c'est à bord du vaisseau Justice de Toren, que l'on découvre le fonctionnement des ancillaires, cet éclatement du "je" en divers corps, l'utilisation de ces soldats infaillibles obéissant aux ordres sans hésitation. C'est aussi pendant cette période que l'on va découvrir les limites de la multiplicité du "je" unitaire et comment on arrive à la disparition totale du Justice de Toren.

La mise en place de l'univers et la présentation des personnages sont intéressantes mais on tombe vite dans du bavardage, ça manque de punch, de vie. Quelques longueurs et répétitions parsèment ce roman comme ces innombrables séances du thé. Nous avons donc un space opéra on ne peut plus classique, sans grand relief et à la conclusion attendue.
A noter cette petite particularité du roman; l'absence de distinction de genre dans l'empire du Radch, tout est féminin quel que soit le sexe... particularité un peu déroutante qui ajoute de la confusion et n'apporte rien à l'histoire !!!


Les avis de Gromovar, Cédric

vendredi 9 octobre 2015

Touch - Claire North


Kepler est un fantôme, il vit dans la peau d'autres gens, il habite le corps d'inconnus et le quitte plus ou moins vite, sans leur faire de mal, ni leur laisser le moindre souvenir. Sautant d'un corps à l'autre par simple contact, d'une vie à l'autre, homme-femme, jeune-vieux, riche-pauvre en fonction du désir et/ou des besoins. Cela a commencé dans une ruelle sombre, le jour où il fut tué. Tendant la main vers son assassin, il se retrouva à contempler son propre corps par les yeux de son meurtrier. Aujourd'hui on essaie de l'éliminer et on tue ses hôtes, Kepler ne sait pas qui cherche à le tuer ni pourquoi mais il compte bien le découvrir.

Ce roman magistral qui oscille entre thriller fantastique et polar n'est pas d'une lecture facile, il faut quelques pages pour entrer dans l'histoire et comprendre le mécanisme de l'écriture. Malgré de nombreux flash-back et d'incessants changements de corps donc de points de vue, la lecture reste fluide. A chaque instant, on sait où on est, qui on est. A aucun moment le lecteur n'est perdu dans l'histoire ce qui est un atout du livre. Les chapitres relativement courts donnent de la vie au livre et en font un très bon page-turner. De plus c'est un roman intelligent qui nous amène à nous poser des questions sur l'identité et la réalité du moi.

Après Les quinze premières vies d'Harry August, ce deuxième roman de Catherine Webb, publié sous le pseudonyme de Claire North, est un énorme coup de cœur. 


Les avis de Cornwall, Lune