On ne présente plus Ken Liu, dont les nouvelles et novellas ont fait le bonheur du lectorat du Bélial', que ce soit La Ménagerie de Papier, Jardins de Poussière ou l'indispensable L'Homme qui mit fin à l'histoire. A la fois poète et humaniste des temps modernes, il fonde ses écrits sur les technologies actuelles qu'il pousse un peu au-delà de la réalité et sur leurs conséquences sociales et sociétales.
Pour son premier roman de science-fiction, il nous offre un techno-thriller autour de l'Intelligence Artificielle : Un Rêve dans un Rêve, qui s'annonce comme le premier volet d'une trilogie (mais qui se lit comme un véritable one-shot).
Elli, une onirofex, quitte discrètement le domicile conjugal. Quelque temps plus tard, son mari Piers, un avocat peu porté sur la technologie, reçoit une étrange demande : s'il veut revoir sa femme, il doit livrer des documents à un certain Prince. Mais Piers ignore tout des informations que ce dernier réclame. Pour comprendre ce qu'il cherche vraiment, il se tourne vers Julia, une hackeuse qu'un de ses collègues a autrefois défendue.
L'auteur maîtrise bien mieux les codes des nouvelles technologies que ceux du thriller. Innovant, inventif, surprenant sur le plan technologique, il se montre en revanche plus classique dans la construction de l'intrigue, usant des ficelles bien connues du genre. Mais cette simplicité pourrait justement séduire un lectorat plus mainstream qui ne sera pas déstabilisé par la forme et pourra se laisser happer par cette histoire notamment grâce à des personnages particulièrement attachants et humains.
Avec Un Rêve dans un Rêve, Ken Liu anticipe la prochaine étape de l'évolution de l'IA. Aujourd'hui, c'est le résultat final qui est copié, demain ce sera le cheminement créatif lui-même, donnant naissance à une véritable créativité artificielle. Et toutes les technologies évoquées ici sont crédibles, possibles et probablement déjà en développement. La frontière entre fiction et réalité s'amenuise, jusqu'à disparaître, qu'il s'agisse des technologies immersives ou des robots-drones semi-autonomes, par exemple.
C'est aussi une mise en garde contre la surveillance constante, l'impossible droit à l'oubli, les fake news, la toute-puissance des réseaux sociaux... Bref, le monde d'aujourd'hui vu à travers demain, ou le monde de demain déjà à l'œuvre aujourd'hui.
Les avis de Gromovar, d'Epaule d'Orion, de Yuyine, de Sometimes a book, d'Outrelivres, du Nocher des Livres, Weirdaholic, Le Syndrome Quickson,

"cette simplicité pourrait justement séduire un lectorat plus mainstream" : ou un lectorat de pur SF, mais ça n'est pas une situation qui te concerne. 👀
RépondreSupprimerJe voulais dire que ce roman n'est pas estampillé SF pure et qu'il peut s'adresser à un large public tant qu'il n'est pas technophobe !
SupprimerJe te rejoins, il est plus à l'aise dans la critique des technologies que dans la narration de thriller qui sous-tend sa démonstration, c'est un peu dommage, ça manque de rythme et de vertige pour moi. Pour le reste, j'adore le monde qu'il a imaginé. Il me colle de sacrés frissons et pourtant...
RépondreSupprimerNous sommes quelques uns à partager ce ressenti. Espérons que la suite sera plus aboutie dans la narration. Reste que je suis curieux de lire la suite.
SupprimerCurieuse de le lire, celui-là.
RépondreSupprimerC'est une véritable curiosité et qui amène à une grande réflexion.
SupprimerD'accord, le côté thriller est classique : on se croirait dans un film hollywoodien formaté. Mais comme ça, on peut encore mieux se concentrer sur le versant technologique, vraiment passionnant. J'espère que le Bélial' ne tardera pas à traduire la suite (enfin, quand elle sera publiée en V.O.).
SupprimerLa suite est déjà écrite et prévue pour 2027 en VO, pour nous il faudra attendre encore un peu... ca dépendra aussi de Pierre-Paul Durastanti. ;-)
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