Clap de fin...
L'espion qui aimait les livres est le dernier roman de John Le Carré, maitre incontesté du roman d'espionnage depuis plus de soixante ans. Publié à titre posthume sous la houlette de son fils Nick Harkaway, auteur lui-même, qui a d'ailleurs récemment publié Le Choix de Karla, une histoire reprenant le personnage emblématique de son père : George Smiley. La boucle est bouclée.
Mais revenons à cet ultime livre. Julian quitte La City et sa vie tumultueuse pour s'exiler dans le Norfolk et y mener une vie plus calme en reprenant une petite librairie. Mais c'est sans compter sur Edward, un immigré polonais, ancien camarade de classe de son père, qui s'immisce petit à petit dans sa vie professionnelle et familiale. Pendant ce temps à Londres, les services de renseignements reçoivent des informations supposant qu'une taupe divulguerait des secrets d'Etat. La traque est lancée...
Avec ce roman, John Le Carré évoque les deux piliers qui ont construit sa vie : les livres et l'espionnage. Derrière une intrigue complexe qui met du temps à se mettre en place, il dépeint des personnages touchants, effleurant leur psychologie mais les rendant parfaitement humains, et une institution confrontée à une grave crise. En effet, le manque de moyens financiers et matériels, les difficultés de recrutement et les batailles d'ego empêchent parfois de prendre des décisions rapides et cruciales pour les hommes et les femmes qui y travaillent. Avec ce cynisme tout britannique, il évoque les désillusions des espions et particulièrement de ceux qui sont retirés des affaires. Même s'il semblerait qu'on ne quitte jamais le Service : espion d'un jour, espion toujours !
Tout à tour incisif, touchant, caustique, L'espion qui aimait les livres permet à John Le Carré de clôturer son œuvre consacrée aux services secrets, à sa carrière d'espion et d'écrivain sur une bonne note.

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