Prometteur
Après des débuts en auto-édition, Audrey Pleynet s'est peu à peu imposée dans le paysage de l'Imaginaire français. De nombreux appels à textes lui ont permis de publier plusieurs de ses récits au sein d'anthologies comme Les Migrations du Futur ou Par-delà l'Horizon d'où est issue La Solitude des Fantômes. On la retrouve ensuite aux éditions du Bélial, d'abord au sommaire de la revue Bifrost, avant de marquer les esprits avec Rossignol, novella remarquable de la collection Une-Heure-Lumière, puis avec Sintonia son premier roman de science-fiction au worldbulding époustouflant.
Mais revenons à La solitude des Fantômes qui nous plonge dans un monde où l'hyperconnexion des citoyens atteint son paroxysme. Grâce à un système révolutionnaire, il est désormais possible de rester connecté sur le RéZeau en continu, enfermé dans son propre univers tout en effectuant les tâches quotidiennes en mode zombie. Ce système déshumanisant dès le départ se révèle encore plus lugubre qu'il n'y paraît.
Une fois de plus, Audrey Pleynet parvient à nous immerger dans ses univers en quelques mots, quelques phrases, mais sans jamais en dire trop, laissant le lectorat découvrir peu à peu les subtilités et les enjeux de ce monde de demain. Sa critique de l'hyperconnectivité, sans être révolutionnaire, sonne juste : le monde décrit est cohérent même s'il faut un certain lâcher-prise pour s'engager pleinement dans le réveil d'Evelyne après deux ans de coma et sa découverte de ce nouveau métavers.
La solitude des Fantômes laisse au final un certain goût d'inachevé. On y retrouve la patte de l'autrice, son talent pour le worldbuilding et sa capacité à nous transporter ailleurs mais l'intrigue reste légère, entâchée de nombreuses facilités scénaristiques. Une nouvelle sympathique, sans plus, mais qui annonçait déjà des textes de bien meilleure envergure.

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