Traduire au Futur - Alice Ray

 
Traduire c'est choisir

En un peu moins de huit ans d'existence et quatorze titres, la collection Parallaxe s'est taillée une place de choix au sein des éditions du Bélial. Son identité visuelle, reconnaissable entre toutes et signée Cédric Bucaille, n'y est sans doute pas étrangère. Dirigée par le professeur Roland Lehoucq, à qui l'on doit Scientifiction de la revue Bifrost, cette collection regroupe des essais mêlant sciences (physique, biologie, chimie, sociologie, droit, géographie, linguistique, etc.) et science-fiction. Son objectif ? Diffuser des connaissances scientifiques en s’appuyant sur des œuvres de SF, qu’elles soient littéraires ou cinématographiques, à destination d’un large public.

Pour ce nouvel essai, Traduire au Futur, Roland Lehoucq a fait appel à Alice Ray, maîtresse de conférences à l'Université d'Orléans depuis 2021, au sein du Laboratoire Ligérien de Linguistique. Ses recherches, centrées sur la traduction, l’ont amenée à analyser des sujets aussi variés que le processus de retraduction dans la littérature et la bande dessinée, la traduction des termes inventés dans les jeux vidéo de science-fiction, ou encore l’utilisation de la créativité lexicale science-fictionnelle dans l’enseignement de la traduction.

Traduire au Futur est un essai plus ardu qu'il n'y paraît. Après une introduction très pointue, Alice Ray s'intéresse d'abord aux mots de la SF, à son langage, avant de se consacrer pleinement à la traduction et à la traductologie. Sans se contenter d’un simple catalogue d’exemples, elle explore les nuances et les choix possibles dans cet art délicat.. Elle évoque les difficultés liées à l'adaptation du genre neutre en français, les contraintes éditoriales, linguistiques et culturelles propres à chaque traduction, et nous rappelle que chaque traduction est singulière, dépendante de nombreux facteurs et résiste souvent mal au temps qui passe.

Bien que majoritairement dédiée à la SF littéraire, Alice Ray nous entraine également dans les univers du cinéma et des séries TV, où doublage et sous-titrage imposent des adaptations spécifiques. Elle aborde aussi  les contraintes particulières des jeux vidéo et des bandes dessinées.

Complet, érudit et didactique, Traduire au Futur est passionnant de bout en bout. Il enrichit parfaitement la collection et s'inscrit dans la lignée des deux essais de Frédéric Landragin sur le langage (Comment parler à un Alien ? & Comment parle un Robot ?). 

Sans conteste cet essai est à mettre entre les mains de tous les amoureux de la langue et de la SF et met en lumière, toutes celles et tous ceux qui œuvrent à ce noble art qu'est la traduction.


Les avis de la Yozone, de FeydRautha

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