Au coeur de la police scientifique
Après un peu plus d'un an d'existence et une quinzaine de romans, la collection La Manuf remplit son contrat : proposer des textes qui revisitent les codes du genre avec des histoires explosives et des personnages incisifs. Après le polar inventif de Guillaume Guéraud, l'humour vachard de Jacky Schwartzmann et le réalisme glaçant de Jérôme Leroy, c'est au tour de la précision scientifique de Stanislas Petrosky d'être mise en scène dans Derrière la Chair.
Dans la banlieue havraise, une voiture de tourisme percute un camion citerne, un bus ne peut éviter l'embrasement... Bilan : une cinquantaine de morts. Dépêché sur place pour les premières constatations et le relevé des indices, le lieutenant Rachid Khalef, officier dans l'unité de police d'identification des victimes de catastrophes, est rejoint par la commissaire Cécilia Rosen qui enquête sur un gang de braqueurs sévissant dans la région et échappant jusqu'ici aux services de police.
L'intérêt de ce court roman n'est pas son intrigue, aussi classique et sans surprise soit-elle, mais dans l’originalité de sa résolution. Stanislas Petrosky nous plonge dans l'étonnant univers de l'identification des victimes de catastrophes, avec son lot de détails macabres, d'examens et de procédures scientifiques. Le tout est porté par un duo d'enquêteurs aussi sympathiques que désabusés. L'enquête se construit dans la démonstration et le raisonnement, rendant le sinistre d'autant plus réel, et met en lumière les équipes scientifiques.
Derrière la chair est un roman captivant qui propose une autre façon d'aborder le polar. Stanislas Petrosky, expert en anthropologie criminelle et médecine légale, y déploie une précision irréprochable, glissant quelques traits d'humour, indispensables pour échapper à l'horreur.
Une belle découverte qui donnerait envie de voir les aventures de ce duo se prolonger. A bon entendeur...

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