Killing me softly - Jacky Schwartzmann

 
Trop c'est trop !

La ligne éditoriale de La Manufacture de Livres est de publier des romans noirs sur fond de satire sociale et/ou politique. Ses polars sont souvent assez sombres mais parfois, comme avec Killing Me Softly de Jacky Schwartzmann, un souffle d'humour se dresse derrière des récits plutôt glauques.

Madjid Muller, tueur à gages, que ses proches prennent pour un espion de la DGSE, a pour mission d'éliminer un octogénaire placé dans une maison de retraite. Le commanditaire exige d'être présent et de participer. Madjid d'abord réticent est finalement obligé d'accepter cette requête sous la pression de son intermédiaire. L'amateurisme n'a pas sa place dans son "art" et s’il pressent que ce contrat inhabituel va poser problème, il est bien loin d’imaginer l’enchaînement des catastrophes que cela va engendrer…

Jacky Schwartzmann ne fait pas dans la dentelle et cela se ressent dès le premier chapitre où il nous plonge dans une première mission de Madjid, histoire de planter le décor et de présenter ce personnage atypique. C'est violent, c'est cru : on entre directement dans le vif du sujet. L'écriture, très rythmée, laisse peu de temps mort. L'auteur ne s'embarrasse pas de détails superflus. Son ton à la fois ironique et sarcastique fait mouche dans les premières pages mais cela devient vite répétitif. Cette redondance lasse vite d'autant plus qu'elle n'apporte rien à l'intrigue.

L'auteur multiplie les situations cocasses et les retournements absurdes avec des personnages hauts en couleur. Mais là encore, tout est poussé à l'extrême : pas de demi-mesure et un manque cruel de nuances qui persiste jusqu'au final. Pour un bon mot, pour une énième surprise, l'auteur bascule dans l'excès, tout devient improbable et la crédibilité s'envole. 

Derrière cet humour vachard et très noir, une réflexion sur le temps qui passe et sur notre propre finitude s'intercale dans le récit. Une certaine mélancolie ainsi qu'une tendresse dans les relations de Madjid transparaissent derrière ce cynisme affiché. Un grand écart entre réflexion et sarcasme. Reste à savoir si la position du curseur vous conviendra !


Commentaires

  1. S'il y a bien une chose qui ne me fait pas rire déjà, c'est d'avoir désormais la chanson dans la tête.

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