Programme Eternité - Anton Hur

 
Darwin au pays des nanites

En Afrique du Sud, la docteure Mali Beeko et son équipe mettent au point un traitement nanotechnologique pour vaincre le cancer. Mais un effet secondaire inattendu va bouleverser l'avenir de l'Humanité. Le patient Un, Yonghun, un informaticien spécialisé en IA, disparaît mystérieusement de son laboratoire. Il avait conçu Panit, une IA nourrie de poésie victorienne, qui semble développer une conscience.

Difficile de présenter Programme Eternité d'Anton Hur sans en révéler l'essence. Ce roman de science-fiction poético-philosophique dont la structure narrative aussi exigeante que déroutante n'est pas sans rappeler les écrits d'Emily St John Mandel ou de David Mitchell. Le récit s'étire sur une temporalité vertigineuse, d'aujourd'hui à un futur très très lointain relié par le codex Mali, un carnet où s'écrit l'Histoire en train de se réaliser.

Programme Eternité est avant tout un roman de SF, un nanopunk qui parle avant tout d'évolution, de conscience, de mémoire... bref tout simplement d'Humanité. Qu'est-elle ? Qu'est-ce qui la définit aujourd'hui et la définira demain ? Anton Hur pose, pas à pas, les briques ou devrais-je dire les nanites de notre évolution future. Il nous entraine dans une épopée passionnante, parfois ennuyeuse mais sans jamais éteindre notre curiosité en nous interrogeant et nous émerveillant en continu.

Riche, référencé et intelligent, Programme Eternité fait partie de ces romans qui se méritent. Il pousse le lectorat dans ses retranchements aussi bien au niveau des avancées technologiques (qui ne sont pas si éloignés des concepts Eganiens) que des questions morales et éthiques qu'elles engendrent, en appuyant en particulier sur notre finitude.

Anton Hur dans Programme Eternité mêle, avec limpidité, poésie et science-fiction pour nous livrer un roman empathique et inclusif, ouvert sur le monde d'aujourd'hui pour imaginer celui de demain.




Commentaires

  1. "les écrits d'Emily St John Mandel ou de David Mitchell" : j'adore l'un, moins l'autre, je ne sais pas comment me situer vis-à-vis de cette comparaison (et du livre tout court, en fait). 😅

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    1. C'est surtout dans la structure narrative que l'on retrouve Mandel et Mitchell. C'est foncièrement plus SF que leurs écrits quoique le côté poétique peut aussi rappeler les deux. Voilà, je sens que je t'ai beaucoup aidé...

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  2. Je ne connais aucun des auteurs cités, et je trouve la couverture atroce. Mais tu m'as quand même donné envie de guetter une sortie à venir !

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    1. Pour la couv' je suis d'accord mais elle a son sens à la lecture.
      Tu ne connais pas Emily St John Mandel, c'est que tu ne suis pas mon blog, j'ai lu et chroniqué tous ses livres publiés en France (à toi maintenant d'aller y mettre un commentaire, pour t'aider la page index !)
      David Mitchell devrait te plaire, tu trouveras aussi quelques billets ici et je te conseille Cartographie des nuages.
      Et tu connais quand même Egan !

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  3. Emily St John Mandel ou de David Mitchell : des comparaisons qui me parlent. Cela me parait juste. Tout comme je suis d'accord sur la difficulté de parler de ce roman. Que j'ai apprécié autant que toi semble-t-il.

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    1. Voilà un lecteur qui connait la maison... lol
      Je te disais qu'on allait avoir du commun ce mois-ci dans les lectures mais a priori aussi dans les ressentis.

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    2. Oui, on est davantage au diapason en ce début d'année 2026.

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