dimanche 9 août 2020

Vous prendrez bien quelques nouvelles... (15)

Pour ce nouveau numéro de Vous prendrez bien quelques nouvelles... je m'attaque à deux poids lourds de la Science-Fiction britannique. Peter Hamilton et Alastair Reynolds sont connus pour leurs longs cycles de Space Opera mais ils leur arrivent de faire plus court. Voyons ce que cela donne.

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Le principe de réalité

Dans une Angleterre au bord du gouffre politiquement et économiquement la solution viendra peut-être de la science. Un trou de ver pouvant emmener les habitants vers une autre planète s'ouvre sur les îles britanniques. Pour y accéder et construire un monde nouveau, il faut respecter les nouvelles lois édictées et surtout être "bien né". 

Autour d'un couple divorcé avec deux enfants, aux idées diamétralement opposées, Peter Hamilton nous livre sa vision pessimiste du devenir du Royaume-Uni. Il se sert du trou de ver pour opposer deux visions : ceux qui veulent repartir de zéro à ceux qui veulent améliorer ce qui existe. Il ne fait qu'effleurer le problème sans jamais aller au bout de la réflexion. Texte divertissant, sympathique où la conclusion assez cynique se devine assez facilement mais et tellement réaliste.

Un électorat qui marche est donc une nouvelle mineure de l'auteur, agréable mais loin d'être incontournable.


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L'Homme est un loup pour l'Homme

Les Fleurs de Minla s'inscrit dans un triptyque de nouvelles retraçant l'histoire de Merlin, malheureusement seule celle-ci a été traduite en français. Mais les Fleurs de Minla s'intègre également à l'un des cycles majeurs écris par Alastair Reynolds, celui des Inhibiteurs. Bien qu'il ne soit pas indispensable de connaître ce cycle, c'est un plus indéniable d'être en terrain connu et cela permet probablement de mieux apprécier le contexte de la nouvelle.

Merlin parcourt la galaxie à la recherche d'une arme via la Voiliance, réseau qui permet de voyager à travers les étoiles à la vitesse relativiste, quand il est éjecté de la voie suite à un problème technique. Dérivant dans l'espace, le vaisseau repère une étoile où gravite un système planétaire, endroit idéal pour réparer. Le choix se portera sur Lécythe, une planète de type terrestre. En arrivant dans l'espace aérien, Merlin se retrouve au milieu d'une bataille et décide d'aider un petit aéronef à rejoindre son port d’attache. En arrivant sur place, il découvre que le soleil est menacé et que dans moins d'un siècle celui -ciaura cessé d'exister. La seule chance de survie pour les Lécyhtiens est l'exode, malheureusement ils n'ont pas les moyens scientifiques d'y parvenir. Merlin leur donne un coup de pouce technologique qui ne sera pas forcément utilisé à bon escient...

Nous retrouvons donc l'univers des Inhibiteurs même s'il me semble que le vocabulaire utilisé est un peu différent de celui des romans (effets de la traduction ou défaillance de ma mémoire ?!) Qu'importe, le propos est très clair et tout est très compréhensible.

Alastair Reynolds commence par une description méticuleuse de la planète, son écriture très visuelle permet de nous plonger au coeur de l'action. Puis il égraine ses thèmes favoris dans son univers où la vitesse de la lumière est infranchissable, la cryogénie est la norme, l'intelligence artificielle est omniprésente avec en fond la menace des Emondeurs. Une nouvelle passionnante où le seul bémol reste les personnages parfois un peu trop superficiels.

Avec Les Fleurs de Minla Alastair Reynolds dresse une critique acerbe des Hommes, démontre leur égoïsme et leur vision étriquée où ils dépensent plus d'énergie à détruire qu'à construire. Avec cette lecture plus que recommandable, on ne peut que regretter l'indisponibilité des autres nouvelles en français.


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