De l'enthousiasme à la torpeur
Découverte en France il y a une dizaine d'années avec Les quinze premières vies d'Harry August, Claire North s'est peu à peu imposée dans le paysage de l'imaginaire français avec Touch et La soudaine apparition d'Hope Arden aux éditions Delpierre, avant de rejoindre le catalogue du Bélial avec son excellente trilogie de La Maison des Jeux et la non moins sublime novella nanopunk Sweet Harmony. Avec Les Dieux Lents, elle aborde pour la première fois le space opera.
Les Dieux Lents ne révolutionne pas le genre, mais se distingue par la richesse des thèmes abordés et la complexité de sa construction, tant sur le fond que sur la forme. Cependant l'absence d'une trame narrative claire peut dérouter le lectorat, comme en témoignent les différentes chroniques qui en proposent des interprétations variées.
Les atouts majeurs du roman résident dans son narrateur, Mawukana na-Vdnaze, anti-héros ambigu rappelant Mycroft d'Ada Palmer, et dans le travail sur les pronoms des différents protagonistes, les questions de genres faisant partie intégrante du récit. On en profite d'ailleurs pour féliciter Michelle Charrier pour sa retranscription en français de la multitude des genres avec de nombreuses originalités linguistiques qui, certes, hachent un peu la lecture dans un premier temps avant de devenir naturelles. Le seul bémol, un rythme lent qui finit par devenir laborieux.
Riche, ambitieux, foisonnant, les Dieux Lents est un roman original et enthousiasmant sur de nombreux points, classique à d'autres égards. Il pêche essentiellement par son manque de rythme, mais reste une curiosité.
Les avis de Weirdaholic, Bibliocosme, Yozone, Yuyine, Outrelivres, Syndrome Quickson, Tachan

Commentaires
Enregistrer un commentaire