La Machine : Terre de sang et de sueur - Katia Lanero Zamora

Pas plus de Fantasy que de surprises

La Machine est un dyptique de Katia Lanero Zamora dont le premier opus intitulé Terre de sang et de sueur a été publié il y a quelques semaines aux éditions ActuSF. Ce roman ne relève des littératures de l'imaginaire que par la création d'un monde très inspiré de l'Espagne des années 30. Ne cherchez pas ici le surnaturel, la magie ou le (retro)futurisme, il n'y en a point. La Machine est un roman politique autour de la lutte des classes et des révolutions possibles.

L'action se déroule à Panim, quelque temps après la chute de la Royauté au bénéfice d'une République. Les fondations ne sont pas encore très stables, certains aimeraient voir le retour du Roi quand les autres n'aspirent qu'à une démocratie bien plus égalitaire. Les premiers, soutenus par les nobles, les riches et l'église c'est-à-dire ceux qui ont l'argent, les terres et le pouvoir face à ceux qui cultivent les terres ou exploite les mines encouragés par La Machine, parti politique en passe de peser aux prochaines élections.

Katia Lanero Zamora nous fait vivre cette période historique tumultueuse à travers l'histoire de deux frères (Vian et Andres) de la famille Cabayol. Ancien prolétaire, le grand-père a su s'émanciper pour devenir l'un des grands propriétaires bourgeois de la famille. Les deux frères ont toujours été très proches mais leurs idéaux créent des tensions. Andres, l'ainé, extraverti, a embrassé la cause des Machinistes, il aime, boire, danser et fréquenter les "ongles sales" quand son frère, plus introverti, cherche la reconnaissance de sa famille et s'engage dans l'armée pour combattre les ennemis de Panim.

J'ai beaucoup aimé ce roman malgré ses nombreux défauts. Le premier étant qu'il n'y a aucune surprise dans l'histoire, on se doute des grandes lignes dès le début et l'on sent tout de suite comment cela va se terminer. L'autrice arrive quand même à nous passionner, le roman est très agréable à lire, fluide et plutôt efficace. L'autre souci est l'opposition des deux frères, leurs tempéraments et leurs vies stéréotypés au possible. Par exemple le cadet, dans l'ombre de son frère, est réservé, homosexuel et s'engage dans l'armée.

Le roman est également trop linéaire. Il y a bien quelques flash-back qui reviennent sur l'enfance des deux garçons et permettent d'expliciter certaines situations ou d'introduire de nouveaux personnages mais cela reste très classique. Et c'est bien ces protagonistes secondaires qui sont les plus intéressants, bien campés avec leurs rêves, leurs fêlures, leurs idéaux et surtout leurs a priori, ils mettent en lumière les nuances des vies.

Au niveau politique, l'autrice ne tombe pas dans le piège manichéen de certains. Des deux côtés les avis sont tranchés mais il y a de la place pour un questionnement et surtout il y a une majorité qui ne se trouve pas représentée. Elle dévoile les espoirs et les doutes de chacun.

Au final La Machine est à la fois une allégorie politique et une histoire de famille. Par le biais de deux frères que tout oppose et que tout rapproche, Katia Lanero Zamora nous interroge sur notre monde actuel. Roman, intelligent, frais et riche on passera à l'autrice les quelques clichés et une histoire bien trop convenue. Il va de soi que je lirai la suite.


La Machine a plutôt été bien accueilli chez : Ombresbones, Célindanaé, Yuyine, Boudicca


Commentaires

  1. J'ai eu peur, à un moment j'ai cru que tu allais te plaindre que ce n'était pas assez fantasy. =P
    Si malgré "tous" ces défauts tu es quand même bien enthousiaste, ça confirme qu'il faudra que je le lise.

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    1. Je pense que c'est plus pour toi que pour moi et comme j'ai bien aimé... ;-)

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  2. Tu dis tout de même que tu as beaucoup aimé ce roman :)
    Moi pareil,je me demandais pourquoi ce titre ? Finalement on comprend au fur et à mesure que ce sont les rouages de cette machine qui vont se mettre en place .J’ai bien aimé les parcours des 2 frères, leur engagement,leur chemin différent . C’est intimiste et à la fois ça pose des questions universelles . Une bonne lecture.

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    1. Une bonne lecture, efficace même si il n'y a pas trop de surprise.

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