samedi 23 mai 2020

Vous prendrez bien quelques nouvelles... (12) : Greg Egan

Dans le cadre du Projet Maki, je me suis penché sur l'auteur australien Greg Egan. Auteur Hard-SF réputé pour ne pas être des plus faciles à lire et j'en conviens je n'ai pas vraiment de bons souvenirs avec cet écrivain excepté sa novella parue dans la collection Une-Heure-Lumière Cérès et Vesta. Avant de me lancer dans Diaspora son chef d'oeuvre, je me confronte à trois de ses nouvelles.

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Evolution 2.0

Avec Nuits Cristallines, Greg Egan nous plonge au coeur de l'Intelligence Artificielle, au développement de celle-ci et à la naissance de la conscience artificielle. 

Daniel Cliff, un très riche homme d'affaires acquiert un "cristal", processeur optique d'une capacité de calculs qui dépasse tout ce qui existe à ce jour. Grâce à ce cristal, il crée un monde virtuel où l'intelligence artificielle va évoluer d'elle même, Daniel Cliff jouant les Dieux et favorisant ou détruisant les avancées proposées par la machine. La vitesse de calcul permettant de multiplier les essais et d’évoluer très vite, il espère que celle-ci atteindra la "conscience"...

Vertigineuse sur le plan scientifique, cette nouvelle soulève des questions éthiques et interroge sur l'évolution des technologies et l'apparition des machines pensantes. Par contre l'écriture de Greg Egan est des plus arides, les personnages sont plus que fades et assez caricaturaux. 

Au final, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire, la lecture difficile m'a rebuté et je n'y ai pas vraiment pris plaisir. Dommage car le concept était original et très intéressant.


Les avis de Lorhkan et Feyd Rautha


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Cogito Ergo Sum

En apprenant à être moi est une nouvelle beaucoup plus accessible. Il est toujours question de science mais le propos est plus philosophique. 

Dans un futur indéterminé, tous les êtres humains ont un "cristal" dans la tête : petit ordinateur qui copie en permanence le cerveau, les pensées, la conscience, tout s'inscrit sur ce mini processeur de haute capacité. Le but ultime étant de remplacer le cerveau quand celui-ci devient défaillant et ainsi accéder à l'immortalité. D'ailleurs les hommes et les femmes vers la trentaine donnent la main au cristal aux dépens du cerveau...

Toute la nouvelle s'articule autour du "Moi" et de la grande question métaphysique "Qui suis-je ?". L'unicité de la conscience humaine est-elle respectée quand une copie conforme du cerveau voit le jour ? Si le cerveau et le cristal sont indifférentiables, comment savoir si c'est le cerveau ou le cristal qui commande la pensée ?

Encore une fois il manque un petit quelque chose. Le style froid, clinique ne permet pas de s'enthousiasmer ailleurs que dans les idées...


Les avis de Gepe, Baroona et TmbM


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La subjectivité du bonheur

Avec Des raisons d'être heureux Greg Egan nous plonge encore une fois dans les arcanes du cerveau et plus particulièrement dans la notion de bonheur. 

Un jeune adolescent de douze ans atteint d'une leucémie voit son cerveau produire en quantité des endorphines le rendant inlassablement heureux. Une opération qui détruit la partie abîmée du cerveau permet de venir à bout de sa leucémie. En contrepartie la production des hormones du "bonheur" a disparu. Il n’éprouve plus aucun plaisir, tout est fade dans son existence. Il devient l'ombre de lui-même et se cloître dans son univers. Après dix-huit ans d'une vie terne, un nouveau traitement va lui permettre de remplacer les parties détruites de son cerveau et d'activer un nouveau réseau de neurones et de raviver le plaisir. Mais à quel prix...

L'intrusion de la technologie au coeur du cerveau et ses effets sur la conscience sont au centre de cette nouvelle. Une fois encore Greg Egan nous emmène très loin aussi bien dans les technologies que dans les réflexions. Et pour ma part, je n'arrive toujours pas à suivre l'auteur, la réflexion philosophique est intéressante mais le ton très clinique et l'attachement quasi nul au personnage principal m’empêchent de prendre du plaisir.

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En conclusion j'ai beaucoup de mal avec les nouvelles de Greg Egan. Les idées sont époustouflantes mais le style me rebute un peu et du coup je n'ai pas pleinement apprécier la lecture.

7 commentaires:

  1. Et ça ne te démotive pas pour "Diaspora" ? Moi en tout cas ça me confirme bien de ne pas trop (re)tenter l'auteur. ^^

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    1. Si un peu mais comme c'est le livre de Greg Egan je pense que je sauterai le pas un jour... mais pas tout de suite !

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  2. Les nouvelles d'Egan me retournent le cerveau comme une chaussette. Par contre j'ai pas encore osé m'attaquer au format roman.

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    1. Dire que sa novella de la collection UHL était très agréable, claire... lol

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  3. Ta critique m'a quand même donné envie de Nuits Cristallines, pour découvrir le sujet.

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    1. Il faut bien commencer par quelque chose. lol

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    2. J'ai lu... Je confirme que le texte est parfois très aride !
      C'est dommage parce qu'au vu du fond, il y avait vraiment matière à proposer quelque de très sympa.

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