samedi 4 mars 2017

Cérès et Vesta - Greg Egan


Je ne vais pas vous refaire le speech sur l'excellente collection Une Heure Lumière du Bélial. Après avoir lu et apprécié les six premiers titres l'an dernier, j'attendais avec impatience la nouvelle mouture de cette année. Le premier opus 2017 est arrivé il y a quelques jours et c'est Cérès et Vesta de Greg Egan.

Cérès et Vesta sont deux astéroïdes colonisés par l'homme, deux astéroïdes qui sont assez proches l'un de l'autre, il faut environ trois ans pour parcourir la distance qui les sépare. Ils sont néanmoins dépendants l'un de l'autre, s'échangent en continu la matière qui leur manque, matière dont l'autre regorge : la glace pour Cérès et la roche pour Vesta. Sur Vesta une partie de la classe politique organise une ségrégation, les descendants des Sivadier, famille faisant partie des premiers colonisateurs sont pris à parti. Certains d'entre eux n'ont d'autre choix que de fuir vers Cérès. Ce mouvement de population va à jamais changer les relations entre les deux planétoïdes...

Greg Egan n'est pas connu pour donner vraiment corps à ses personnages, Cérès et Vesta ne déroge pas à la règle, la vie des protagonistes n'y est que peu développée et l'écriture est généralement froide, clinique... ce qui pourrait rebuter quelques lecteurs. 

Pour ma part, j'ai passé un excellent moment avec cette novella, et comme souvent j'aurais aimé poursuivre l'aventure un peu plus longtemps. C'est court mais c'est dense, de nombreux thèmes y sont abordés avec un background travaillé. On reconnait l'auteur de Hard Science qui distille ses petites avancées technologiques tout le long de l'intrigue rendant l'univers très crédible. 

Parmi tous les sujets abordés j'en retiens deux. Le premier est d'ordre politique avec ce qu'il y a de plus vil : discrimination, racisme, inégalité, le tout basé sur des concepts arbitraires, ce qui ne peut que nous renvoyer sur notre bonne vieille Terre et ses relents populistes qui fleurissent un peu partout autour de nous. Le second thème est plus humain, il arrive peu à peu et atteint son apothéose à la fin du récit : il s'agit du libre arbitre et du choix que l'on doit faire quand les deux propositions sont "mauvaises". Choix cornélien, cruel auquel on aimerait ne jamais être confronter. D'ailleurs le titre de la VO - The Four Thousand, The Eight Hundred - résume parfaitement ce dilemme mais je n'en dirai pas plus pour vous laisser savourer pleinement l'histoire.

Pour finir, un petit mot sur la construction du récit, construction qui pourra en dérouter quelques-uns, en particulier ceux qui liraient cette novella de manière discontinue. En effet, une partie du récit est écrite sur Cérès à un temps T et une autre sur Vesta quelques années plus tôt, le tout avec les mêmes acteurs. Les chapitres courts alternant donc l'espace et le temps, il est assez facile de perdre le fil si on n'y prête pas attention. J'y ai trouvé du rythme et de l’intérêt là ou certains y ont trouvé de la confusion.

Au final, Cérès et Vesta est une novella agréable, rythmée, sans temps mort, qui pose des questions existentielles et fait réfléchir à nos comportements. Bref, une centaine de pages d'évasion qui nous fait garder les pieds sur Terre.


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12 commentaires:

  1. Excellente critique. Et je suis complètement d'accord avec toi concernant les Flashbacks.

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  2. Encore une belle novella à découvrir... je le ferais dès que j'aurais fini de rattraper mon retard dans la collection ^^.

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    1. En même temps tu peux les lire dans le désordre... :))

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  3. J'achète, j'espère qu'il passera mieux qu'un pont sur la brume.

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    1. Oh... Le pont sur la brume reste mon coup de cœur de la collection. Comme quoi, nous avons quelques divergences :-)

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  4. Déjà au programme, mais je ne parviens pas à m’enthousiasmer. Je garde le souvenir avec cet auteur d'une nouvelle avec du football quantique, et je n'arrivais pas à "voir" à quoi cela ressembler dans mon esprit. Cela a polluer toute ma lecture et le recueil étant du même acabit, je ne parvenais pas à visualiser de quoi l'auteur parlait. Bref, Egan causait à mon intellect, mais ne séduisait pas mon imaginaire. depuis, j'éprouve des réticences avec lui - et la hard SF.

    Je me lirai, toutes les critiques sont unanimes pour l'instant.

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    1. On est loin de la Hard Science ici... tu peux y aller les yeux fermés ! ;-)

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  5. Il est dans ma PaL celui-ci, j'espère que ça me plaira !

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    1. On va donc attendre ta critique pour connaitre le verdict... :-)

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  6. Je l'ai lu hier soir, d'une traite.

    Je suis assez d'accord avec toi dans l'ensemble. Les thèmes abordés sont nombreux et variés.

    Mais c'est vrai qu'on peut se perdre dans la naration si on y prend pas garde.

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