samedi 9 mars 2019

Blues pour Irontown - John Varley


Heureusement qu'il y a le chien...

De John Varley je n'avais lu jusqu'à aujourd'hui que Le système Valentine dont je n'ai aucun souvenir. Je ne sais pas si c'était une bonne idée de prolonger l'aventure avec Blues pour Irontown qui se déroule dans le même univers des Huit-Mondes mais pouvant se lire comme un one-shot. 

Pour planter le décor, les humains ne vivent plus sur Terre depuis que des extra-terrestres les en ont chassés. Ils se sont réfugiés un peu partout dans le système solaire et en particulier sur la Lune. Christopher Bach, ancien policier, y exerce aujourd'hui l'activité de détective privé. Il est épaulé par Sherlock, un Saint Hubert cybernétiquement augmenté. Une cliente à l'odeur louche, selon Sherlock, se présente dans leur bureau. Elle veut retrouver un homme qui l'aurait volontairement contaminée par la lèpre. Quand Chris prend en charge l'affaire, il ne se serait pas imaginé devoir retourner dans Irontown, quartier lunaire le plus mal famé et source de souvenirs...

Mixe de Planet Opera, de cyberpunk et de polar noir de la première partie du XXème siècle, Blues pour Irontown mélange les genres et les mélange un peu trop à mon goût. Il faut dire qu'avec un peu plus de 250 pages et moins de 80 000 mots, l'auteur ne développe réellement aucun thème, les survole tous et ce, sans grande originalité. Ce n'est pas tant la longueur du récit qui pose problème mais sa lenteur. 

Le décor aurait pu être sympa mais je n'ai pu m’empêcher de faire le parallèle avec Luna de Ian McDonald. La Lune comme terrain de jeu : McDonald a su y créer un univers crédible quand John Varley s’embourbe dans des descriptions futiles, sans réelles cohérences ni intérêts. Quant à l'intrigue, ce n'est pas non plus une réussite, linéaire, poussive et bancale, elle ne génère guère d'enthousiasme... 

Heureusement qu'il y a ce chien, plutôt pataud qui apporte un ton décalé, très caustique. Cela donne un peu de fraîcheur et de vie au roman. Les chapitres où le chien s'exprime par l'intermédiaire de sa "traductrice" sont terriblement drôles. C'est d'ailleurs les seuls moments du bouquin où l'on peut trouver derrière l'ironie, une réflexion intéressante sur la condition humaine.

Ce qui me semblait au départ être un roman sympathique, sans prise de tête, léger et divertissant s'est avéré être au final un livre ennuyeux juste sauvé par les pensées du Saint Hubert. 


Blackwolf, Lune et Gromovar ont apprécié le divertissement, Yuyine n'a pas été convaincue, Artemusdada non plus. Quant au chien critique...

16 commentaires:

  1. On a quasiment le même avis. C'est surtout l'intrigue que j'ai trouvé minimaliste. Heureusement que le chien était là!

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    1. C'est très léger... ça peut plaire à un certain public !
      Par contre je n'ai pas vu passé ta chronique :-/

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    2. C'est normal, elle est pas encore publiée, probablement ces jours-ci.

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    3. Je comprends mieux... lol

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  2. J'en ai dis quasi la même chose dans ma propre critique.
    C'est à se demander si Sherlock n'a pas des gènes de Terre-Neuve [-_ô]

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    1. Nous sommes d'accord en effet, même ressenti général.

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  3. Te voilà donc définitivement devenu plus exigeant qu'un Gromovar ? =P

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  4. Dommage que ça n'ait pas été la belle lecture promise pour toi ! (j'aime beaucoup la couverture, en tout cas).

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    1. Ne jamais se fier à la couverture... (ni à la quatrième de couverture d'ailleurs !)

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  5. L'habit ne fait pas le moine...
    Tu as encore moins apprécié que moi.
    Pour ma part, je pense que je le relirai une fois avoir lu du Heinlein et les deux premiers tomes .

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    1. Pour moi, c'est bon, ni Heinlein, ni Varley... je trouverai autre chose. ;-)

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  6. La comparaison.... ça n'aide pas.
    J'ai réussi à me concentrer sur le côté fun, même si la fin m'a un peu déçu car pas assez construite ni approfondie.

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    1. Comparaison n'est pas raison. Mais ca fait mal quand même. ;-)

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  7. ah! quand il y a un chien, cela fait un plus indéniable.
    Je l'ai dans ma PAL, et je sens que je passerai un bon moment.

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