Un peu moins que de la SF
La Constellation des Ombres, nouvelle trilogie de space opera, nouvelle saga au long cours dans les confins de l'univers, a sur le papier tout pour plaire. Auréolée du Philip K. Dick Award 2024 (même si les lauriers reçus n'engagent que ceux et celles qui y attachent de l'importance !), Bethany Jacobs aurait pu faire une entrée si ce n'est fracassante, du moins remarquée dans le landerneau de la Science-Fiction un peu en berne ces dernières années. Mais voilà, cette épopée n'a de la SF que l'apparence tant elle se rapproche de la Science-Fantasy par bien des aspects. En conséquence les aficionados du genre n'y trouveront pas forcément leur compte.
Dans un futur lointain, l'humanité a essaimé à travers l'univers et s'est installée dans le système du Treble. Cette oligarchie théocratique, organisée autour de plusieurs planètes, est gérée d'une main de maitre, ou plutôt d'une main de fer par la Parentalité. Lorsqu'une pièce mémorielle refait surface sur le marché noir, révélant que l'une des familles dirigeantes est responsable d'un immense génocide, une course-poursuite s'engage pour la récupérer...
Le jour du souvenir, premier volet de la série s'avère néanmoins ambitieux. Il s'appuie sur un worldbuilding intéressant, un grand nombre de protagonistes (peut-être trop !) et une construction efficace éclatée entre plusieurs temporalités et différents points de vue.
Il est indéniable que Bethany Jacobs connaît et aime la SF. Le récit regorge de nombreuses références et emprunts au genre. Mais l'ensemble manque de souffle. La théocratie n'est jamais vraiment développée, les différents mondes visités s'apparentent à un catalogue planétaire et les technologies usitées manquent d'explications scientifiques. Si certains personnages ont un peu plus d'épaisseur, d'autres frôlent la caricature et l'ensemble manque de nuance. Ce ne sont pas non plus les intrigues très classiques avec leur lot de rebondissements, de trahisons et de vengeances qui apporteront une touche de nouveauté.
Pourtant, Le jour du souvenir s'avère plutôt efficace et saura séduire un lectorat dont le coeur ne bat pas exclusivement pour la SF des Hamilton, Reynolds et consorts...
Les avis du Nocher des Livres, d'Outrelivres, de Gromovar, des Lectures de Shaya

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