Un pitch original suffit-il à faire une histoire originale ?
D'après le New York Times, La vallée aux échos, premier roman de Scott Alexander Howard, serait une vision époustouflante du voyage dans le temps. L'originalité du pitch est indéniable. Sur cette Terre, les vallées se succèdent à l'infini, strictement identiques, si ce n'est leur temporalité. Celle à l'Est a vingt ans d'avance, celle de l'Ouest, vingt ans de retard. Séparées par des chaines montagneuses, closes et surveillées par des gendarmes, ces vallées n'autorisent que de rares passages, soumis à l'approbation des Conseils des deux vallées et strictement encadrés pour ne pas rompre la ligne temporelle.
Nous découvrons cet univers à travers les yeux d'Odile, seize ans, notre narratrice. Elle doit décider de son avenir : apprendre un futur métier ou tenter d'intégrer le Conseil. Bien que solitaire, elle noue des liens avec d'autres jeunes de son âge lors de son apprentissage et découvre les premières affres de l'amour. C'est à cette période que, lors d'une balade, elle reconnait des visiteurs du futur et comprend qu'un de ses proches est en danger. Doit-elle l'avertir au risque de perturber la trame temporelle, garder le secret ou trouver une voie médiane ?
Hélas, cette découverte est lente, longue et ennuyeuse, Scott Alexander Howard s'attarde trop sur les premiers émois adolescents d'Odile et de ses ami.e.s, intégrant tant bien que mal les principes de cette société si particulière. Laborieux et d'une naïveté confondante, l'auteur passe son temps à expliquer son univers sans vraiment le montrer. Il faut attendre la seconde moitié du livre pour voir un changement de paradigme (que je ne peux dévoiler sous peine de spoiler l'intérêt principal du récit) et aborder enfin le coeur du sujet : les boucles temporelles et leurs paradoxes. Le rythme s'accélère alors, le récit gagne en cohérence, les événements s’enchaînent jusqu’à un dénouement final que l’on appréciera… ou pas. Et qui, comme souvent avec les récits de voyage dans le temps, se heurte à la logique.
La vallée aux échos, roman initiatique, oscille entre bluette et passage à l'âge d'adulte dans sa première partie, avant de se consacrer avec plus de conviction aux conséquences des ruptures de la ligne temporelle. Malgré un pitch original, ce roman imprégné d'une grande naïveté et d'une intrigue des plus classiques s'adresse avant tout à un public jeune ou peu familier des œuvres du genre.

Sans rien enlever à son originalité, je me demande si l'auteur s'est un peu inspiré de "La Longue Terre" pour son univers. En tout cas c'est dommage que ça ne se concrétise pas bien.
RépondreSupprimerJe ne connais pas Pratchett mais si en plus ce n'est pas si original que cela...
SupprimerMais quand je vois les premiers retours je me sens seul... ;-)