La facilité au nom de la satire
Guillaume Chamanadjian, bien connu des amateurs de fantasy pour sa trilogie Capitale du Sud, signe ici une satire SF. Son roman Heureux comme jamais s'ouvre sur un sous-titre explicite qui pose immédiatement les bases : Ou comment les ultrariches ont cessé d'errer dans l'espace après avoir fui la Terre.
Face à une Terre à l'agonie, une poignée de milliardaires s'est envolée à bord du Space Dragon, direction une lune de Jupiter, pour préserver leur mode de vie. Sous le contrôle d'une IA omnisciente, la hiérarchie sociale reste inchangée. Après plusieurs années de vol, un message en provenance de la Terre, que l'on croyait vidée de toute humanité, provoque une guerre de pouvoir au sein du vaisseau.
Face à une Terre à l'agonie, une poignée de milliardaires s'est envolée à bord du Space Dragon, direction une lune de Jupiter, pour préserver leur mode de vie. Sous le contrôle d'une IA omnisciente, la hiérarchie sociale reste inchangée. Après plusieurs années de vol, un message en provenance de la Terre, que l'on croyait vidée de toute humanité, provoque une guerre de pouvoir au sein du vaisseau.
Dès les premières pages, on se doute que ce n'est pas sur le terrain de la science pure et dure que le récit compte s’aventurer. Mais si le roman se veut avant tout satirique, et si l’on peut fermer les yeux sur ce manque de rigueur, il faut un minimum de crédibilité pour que l'ensemble tienne debout. Ici, le vaisseau n’est qu'un prétexte, une coquille vide destinée à créer un huis clos. L’action aurait tout aussi bien pu se dérouler dans un dôme sous-marin au fond de la fosse des Mariannes, dans un bunker du désert de Mojave ou sur une base lunaire : cela n'aurait absolument rien changé.
L’intrigue, quant à elle, se révèle cousue de fil blanc. Attention, spoiler : c’est évidemment l’héroïne qui va faire vaciller le système (quelle immense surprise !). Le récit se distingue par une linéarité affolante, des personnages caricaturaux au possible, à la limite du grotesque, et une IA qui, par le Saint-Esprit du Silicium, se révèle plus humaine que les humains.
Alors oui, l’auteur dénonce l’égoïsme, le racisme, la misogynie, la déconnexion totale… de ces ultrariches persuadés d'être indispensables. Mais avait-on réellement besoin de deux cents pages pour empiler ainsi les poncifs comme on enfile des perles ? Sans compter les ficelles mélodramatiques bien épaisses : le père malade, sa fille qui devient opportunément la seule ingénieure capable de sauver le vaisseau, et la mère restée sur Terre par abnégation…
Malgré cette accumulation de clichés, le roman conserve un mérite : il se lit vite. Il offre quelques jolies pointes d'humour, colle pleinement à l'air du temps et permet de se défouler. Bref, c'est de la satire... mais une satire qui manque cruellement de nuance (un peu comme cette chronique !).
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