Confus mais vertigineux
Après Le temps fut, Aspects est la seconde novella de Ian McDonald publiée dans la collection Une-Heure-Lumière des éditions du Bélial. On ne présente plus cet auteur britannique, auréolé des plus grands prix littéraires (Hugo, Locus, Grand Prix de l'Imaginaire...) dont l'œuvre se distingue par un fort ancrage technologique (cyberpunk, nanopunk) et une diversité culturelle dont La Maison des Derviches reste l'exemple le plus abouti.
Dans un futur lointain, sur une planète extrasolaire à l'écliptique fortement décentrée, les habitants ont la particularité de décomposer leur individualité en huit aspects distincts utilisés selon la situation. Chaque aspect possède son nom, son rôle, son comportement... une schizophrénie maitrisée. Dans cette première partie, Ian McDonald abandonne son lectorat à lui-même : celui-ci doit s'y retrouver entre les multiples noms, lieux et intrigues (sans beaucoup d'aide !). Une navigation en eaux troubles qui prend une tout autre tournure dans la seconde partie (sans pour autant devenir plus clair !) où l'auteur délaisse son Planet Opera pour un Space Opera flamboyant, nous entrainant dans des contrées Hard-Science et nous plongeant dans une réflexion posthumaniste.
Dense, touffu, et pas toujours, limpide Aspects a le défaut de sa qualité : l'abondance. L'abondance de thèmes, de genres, de personnages, de lieux, d'idées, de concepts, le tout concentré en à peine plus de cent-vingt pages où il est parfois difficile de s'y retrouver : les idées s’enchaînent, les explications se font rares. Il faut se laisser porter, accepter de ne pas tout comprendre, et profiter de l'instant présent, pour savourer l'imagination débordante de l'auteur. On découvre ainsi une planète à la fois belle et étrange avant de se laisser emporter dans un voyage spatial vertigineux.
A la lecture de cette novella, on comprend que les aspects de Ian McDonald pourraient bien se nommer : Peter Watts, Greg Egan, Stephen Baxter, Alastair Reynolds, Romain Lucazeau, Ian Banks...

Merci camarade ! J'aime beaucoup les deux dernières phrases de ta critique (le reste aussi, hein :D ), c'est à la fois bien trouvé, bien tourné et tellement vrai.
RépondreSupprimerMerci à toi. ;-)
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