lundi 24 août 2020

La Marche du Levant - Léafar Izen

Tout est dans la visualisation

Quand Gilles Dumay, le directeur de la collection Albin Michel Imaginaire m'a envoyé en avant-première  La Marche du Levant de Léafar Izen (il sortira le 2 septembre prochain), j'ai été un peu surpris. Me recommander de la Fantasy, c'est étrange. Mais Gilles connaît bien son lectorat et il a ajouté au roman ces quelques mots "c'est de la fantasy mais ce gros roman d’ingénieur et de mathématicien pourrait te plaire". Alors est-ce que cela a été suffisant pour me faire basculer du côté obscur ?

Un peu de contexte. Pour le lieu nous sommes probablement sur Terre, les noms utilisés pour désigner la géographie nous sont familiers. Pour l'époque c'est un peu plus compliqué, il n'y a aucune indication donnée. La seule information fournie est la durée du jour qui est de 300 ans ! Ce qui entraîne une vie forcément différente : les nuits sont glaciales et les journées torrides. C'est la fin du sédentarisme, il faut suivre la lente course du soleil. Le nomadisme est donc la règle : le peuple du Levant s'accroche à l'aurore quand les hordes du Couchant suivent le crépuscule.

Ce roman se divise en trois parties ou plus exactement en trois chants qui nous permettront de suivre deux héroïnes, un guerrier barbare et d'accomplir une prophétie. Pas de doute nous sommes en Fantasy ! 

Le premier chant s'attache à la mise en place du monde : passionnant, très visuel même s'il faut un temps d'adaptation pour s'y retrouver. La visualisation est parfois compliquée : le ballet des glaces qui se forment ou fondent selon que l'on soit à l'Est ou à l'Ouest, ce soleil, horloge de la vie, qui rythme les avancées des peuples. Sans oublier les variations de latitude selon la géographie des lieux. Bref un enchantement, le tout étant très crédible. On en oublierait presque la présentation de Célérya, héroïne atypique, à laquelle on s'attache d'emblée.

Le deuxième chant donne libre court à des intrigues politiques et religieuses où la prophétie prend une place importante et où certaines batailles sont interminables. Ces batailles fort réalistes qui font le charme du genre m’ennuient profondément. C'est dans ces moments-là que le roman perd en spontanéité et en vivacité.

Heureusement le troisième et dernier chant revient aux fondamentaux du roman. Certes la quête touche à sa fin, on sait depuis le départ qu'elle sera réalisée, il n'y aura pas de surprise de ce côté-là mais Léafar Izen arrive à nous surprendre à plus d'un titre avec entre autres l’avènement de la deuxième héroïne Akeyra.

Et pour conclure, un épilogue savoureux, parfait pour moi mais qui pourrait faire grincer des dents du côté des spécialistes es Fantasy. 

Voilà un roman que je n'aurais probablement pas lu si Gilles Dumay ne me l'avait pas envoyé.  Et cela aurait été dommage, j'ai vraiment apprécié le voyage sur cette Terre. Evidemment quelques bémols : les batailles épiques ne m'enthousiasment guère, les prophéties ont tendance à me saouler, les personnages me semblent parfois figés dans leurs rôles. Mais heureusement La Marche du Levant ce n’est pas que ça, bien au contraire. C'est un monde unique où le temps passe différemment entraînant un tas de changements et un questionnement incessant. Parfois c'est un vrai casse-tête de visualisation à essayer de se repérer géographiquement mais c'est juste mon esprit scientifique qui veut comprendre car on peut très bien parcourir ce livre sans se poser de questions, le prendre comme un roman d'aventures et avoir autant de plaisir.

Donc La Marche du Levant est bien un roman de Fantasy qui plaira peut-être plus aux esprits cartésiens qu'aux aficionados du genre. Son côté ingénieur & géographe pourra déstabiliser certains lecteurs mais après la lecture de ce livre, quand vous regarderez le lever ou le coucher du soleil, vous ne pourrez que vous interroger sur la position du front de glace.



Celindanaé est émerveillée, Anouchka un peu moins, Feyd Rautha garde l'esprit scientifique, Apophis n'a pas accroché, Just a Word un peu plus et pour Gromovar c'est plutôt conventionnel.

15 commentaires:

  1. Merci pour le lien :)
    tout à fait d'accord pour le côté visuel

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    1. C'est le petit plus qui me fait aimé je pense...

      De rien pour le lien :)

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  2. Tu as piraté mes brouillons de billet ? Car nous en pensons la même chose. Seul distinguo, je ne le classe pas en fantasy.

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    1. J'attends donc ton billet avec impatience... ;-)

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  3. Merci pour le lien, et d'accord avec toi sur le côté fascinant de l'univers :)

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    1. J'attends avec impatience le prochain livre de l'auteur en l’espérant vraiment SF !

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  4. J'hésite encore, comme toi la Fantasy bof bof, alors les batailles épiques et tout pfff. Tu penses que je pourrais aimer ? J'ai plutôt commencé le Querbalec pour le coup.

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    1. J'ai bien aimé excepté quelques longueurs dans la seconde partie. Mais le coté scientifique, visuelle est passionnant. Donc ca peut le faire...

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  5. Je bloque complètement sur le début pour ma part. Si l'univers est en effet fascinant, la mise en place me paraît terriblement confuse et d'une lenteur ahurissante. Je vais forcer la chose jusqu'à 200 pages et j'aviserai ensuite...

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    1. J'ai tout de suite adhérer à l’histoire, à l'univers... peut être parce que je ne lis jamais ce genre...

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  6. Je ne suis pas très amateur de fantasy mais ce que tu en dis me tente assez. GD, si tu lis ces lignes…

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    1. C'est sympa, un bel univers qui pourrait te plaire.

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  7. @TmbM
    https://www.albin-michel-imaginaire.fr/contact-blogueurs/

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  8. Si je résume ta chronique, c'est un livre de fantasy pour ceux qui n'aiment pas la fantasy, hormis pour la partie vraiment fantasy. En soi, ça se tient. ^^
    Faudra que je le lise, juste parce que je veux connaître la fin.

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    1. On peut le lire comme çà en effet : mais je ne pourrais pas me prononcer pour ceux qui aiment la fantasy.

      Ah cette fin... :)

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