jeudi 5 octobre 2017

Les buveurs de lumière - Jenni Fagan


Novembre 2020, l'hiver est en avance, les températures sont froides et les prévisions alarmantes : une période glaciaire s'annonce ! C'est dans ces conditions que Dylan est contraint de quitter Soho après les décès successifs de sa grand-mère et de sa mère. Celles-ci lui ont caché leurs difficultés financières et il se doit de quitter le cinéma d'art et d'essai dans lequel toute la famille vivait depuis des décennies. Il se rend à Clachan Fells, où sa mère avait acheté une petite caravane qui lui servira de refuge. Niché au Nord de l'Ecosse ce village regroupe une communauté de gens plus ou moins paumés dont Constance une bricoleuse aux multiples ressources et sa fille Stella qui était jusqu'à peu un petit garçon...

La Nature est au cœur de ce roman, cette nature hostile et merveilleuse. Sur fond de bouleversement climatique Jenni Fagan dépeint avec justesse ces paysages sublimés par le froid et la glace, à la fois effrayant et magnifique. L'auteur décrit avec une certaine poésie la chute des températures et la catastrophe annoncée. 

Les trois protagonistes principaux sont des écorchés de la vie qui ont comme point commun un certain optimiste et une forte envie de s'en sortir. Autour d'eux gravitent des personnages plus ou moins loufoques mais tous paumés... Il n'y a pas réellement d'intrigue, juste la vie au jour le jour dans des conditions dantesques, où les histoires de familles et les histoires d'amour se disputent aux quêtes d'identité. Ode au courage et à la tolérance, on ne ressort pas indemne de ce récit qui aborde avec justesse et sans voyeurisme la transidentité. 

La première moitié du roman est la plus intéressante, les descriptions sont juste sublimes, la présentation des personnages touchante et l'on ressent le froid s'insinuer au travers des pages. Il y malheureusement une baisse de rythme dans la seconde partie,  la recherche des liens familiaux couplée à la baisse des températures n'est pas suffisante pour enthousiasmer le lecteur sur la longueur. Dommage !

Pour conclure, Les buveurs de lumière (je n'en ai pas parlé, je vous laisse découvrir qui ils sont) est un bon roman, étonnant, dépaysant voire glaçant. Glaçant par les températures atteintes et par l'intolérance que certains hommes peuvent avoir à l'égard de leurs semblables. Un roman à découvrir pour sa galerie de personnages et pour le positivisme qui en ressort. C'est dans les situations les plus dramatiques que la solidarité peut s'organiser, en oubliant les préjugés et en acceptant les différences. Pudeur et humanité sont les maîtres mots de ce roman.


Défi Lecture 2017 : #46. Un livre qui se déroule dans une atmosphère "froide" 

8 commentaires:

  1. ça donne envie ! J'adore les livres contemplatifs, je pense que la première partie peut me plaire et même le reste !

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    1. Je pense qu'il peut te plaire... ;-)

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  2. Je confirme le commentaire de Samuel, ça donne envie!

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    1. Connaissant moins des goûts que ceux de Samuel, je ne pourrais avoir le même commentaire. lol

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  3. Solidarité, préjugés et différences me donnent envie, le positivisme et le froid un peu moins.

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    1. Je ne suis pas sur que ce soit pour toi, trop d'amour dans ces 300 pages. ;-)

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  4. Ben tu me donnes bien envie de le lire celui-ci pour touit ce que tu en dis, mais aussi pour le positivisme qui s'en dégage!

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    1. Même quand tout va mal, il y a toujours une lumière au loin. Ca change et ca fait du bien...

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