La REP - Etienne Cunge

 
Le choix de l'optimisme

Après Légendes d’Agrégats, Symphonie Atomique et Antarticas, La REP est le quatrième roman d’Étienne Cunge à paraître aux éditions Critic.

Trois cents ans après le siècle ténébreux qui a vu l’anéantissement d’une partie de la population et la scission des survivants, deux mondes coexistent. D’un côté, la Rép, au nord du soixantième parallèle, dernier bastion scientifique et technologique, où les IA personnelles et générales rythment la vie de chacun. De l’autre, les Suyus, des peuplades nomades dont la première préoccupation est de survivre dans un monde sans ressources naturelles, où la tradition orale constitue le seul lien avec leur passé.

Les deux mondes s’évitent. Seule une rencontre annuelle, au cours de laquelle les Suyus échangent des matériaux issus des ruines du passé contre des produits manufacturés, assure une certaine stabilité. Celle-ci est mise à mal lorsque le dernier troc n’a pas lieu…

Étienne Cunge met en place une double utopie : deux façons de vivre diamétralement opposées, mais intrinsèquement dépendantes l’une de l’autre grâce à ce système de troc. Lorsque l’une fait défaut, ce sont les deux systèmes qui s’effondrent, et seule leur complémentarité pourra les sauver.

Roman d’aventure divertissant, La REP ne s’affranchit pas pour autant d’une réflexion sur nos modes de vie actuels. Il interroge sur la place des technologies, et en particulier des intelligences artificielles, au service de l’individu ou au sein du collectif, ainsi que sur la dépendance intellectuelle, physique et psychologique à ces machines.

C’est également un questionnement sur le monde d’après : comment sauvegarder ce qui reste, régénérer ce qui a été détruit et remettre la nature au centre du monde ? On retrouve là toute l’expertise d’Étienne Cunge, biologiste de formation et spécialiste de la durabilité.

Avec La REP, l’auteur nous propose un roman optimiste dans la mouvance du solarpunk, relativement simple, avec une narration très linéaire, des personnages parfois à la limite de la caricature et une intrigue classique, mais qui permet de passer un bon moment tout en nous invitant à nous positionner sur notre monde et sur celui de demain.


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