samedi 24 août 2019

Vous prendrez bien quelques nouvelles... (4)

Je suis tombé un peu par hasard sur le site de Stéphane Desienne. Suite à la disparition de deux de ses éditeurs Walrus et Numeriklivres, j'avais un peu perdu le fil de ses écrits. Aujourd'hui, il est édité chez Gephyre Editions et Les éditions du 38Sur son site, quelques nouvelles sont disponibles gratuitement, l'occasion de (re)découvrir l'auteur. 

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La soif de l'eau

Stéphane Desienne nous propose une courte nouvelle caustique, acerbe et très efficace. Avec Dealer d'Iceberg, il nous dépeint en quelques mots un futur accablé par la chaleur où l'eau sera la dernière denrée recherchée. Celle qui engendrera tous les trafics possibles et inimaginables.  Au milieu du désert qu'est devenu le pourtour méditerranéen, nous suivons un deal entre un petit trafiquant et un gros bonnet...

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L'art de la guerre

Changement d'univers avec cette seconde nouvelle. Trois militaires de haut rang, de trois époques différentes, morts sur le champ de bataille se retrouvent dans une base secrète sur la face cachée de la Lune.

Ce n'est pas la première fois que l'on voit des Hommes "transférés" sur la Lune. Stéphane Desienne y amène une certaine originalité de traitement dans le pourquoi. La plume est toujours agréable mais j'ai un peu moins accroché à l'histoire même si j'ai bien aimé la chute.


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Star malgré lui

Cette troisième nouvelle nous emmène sur les terres de la téléréalité. Bella Rush, une chanteuse au top de sa forme médiatique propose à l'un ou l'une de ses fans de partager sa vie durant 48 heures grâce à des lunettes connectées.  Un immense show télé est organisé pour découvrir le gagnant du concours. Et c'est... Craig, l'heureux élu sauf que celui-ci ne s'est pas inscrit au concours. Pris dans l'engrenage médiatique il accepte de poursuivre l’aventure...

Critique virulente des réseaux sociaux et de la télé réalité, Stéphane Desienne dénonce la starification artificielle de parfaits inconnus et le voyeurisme exacerbé d'une partie de la population. L'auteur arrive à nous maintenir en haleine tout le long du texte et nous surprendre dans sa conclusion. 

Cette nouvelle d'anticipation est encore une fois très originale. On pourra regretter un déséquilibre entre une présentation qui prend son temps et une conclusion un peu trop rapide qui nous laisse sur notre faim.

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Ces trois nouvelles très différentes les unes des autres ont un point commun : l’originalité. Servi par une plume de qualité, très fluide et agréable, Stéphane Desienne nous plonge rapidement dans ses univers. Petit faible pour la première nouvelle Dealer d'Iceberg, la plus percutante du lot.



4 commentaires:

  1. J'ai un peu renoncé à lire les nouvelles isolées qui poppent gratuitement sur le net, faute de temps. Du coup merci pour cette chronique éclairée ^^

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    1. Je me suis mis au nouvelles cette année et piocher au hasard permet de découvrir des auteurs et des textes intéressants. A petite dose c'est plutôt sympa et on a de bonnes surprises. Dealer d'Iceberg en est une. 10 pages mais ça tape juste.

      Les deux autres moins percutantes à mon gout.

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  2. Et Yogo devint un plus grand lecteur de nouvelles que les fans de nouvelles eux-mêmes. ^^
    Je note donc la première, ça sera parfait si j'ai 5 minutes et rien sous la main.

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    1. C'est pas faux. J'ai toujours autant de mal avec les recueils (même si je lirai celui de Ken Liu en Novembre) mais les nouvelles à l'unité pioché à droite à gauche me plaisent. On découvre des pépites.

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